Une chasse au loup en Janvier 1815 à Saint-Rimault

Procès-verbal extrait du registre des délibérations de la municipalité est rédigé par le maire, châtelain de Saint-Rimault.

 

L'alerte a été donnée à 9h du matin qu'un loup s'est réfugié au bois de Bâtis. Les domestiques du château aidés de Roussel Jean-Baptiste et de Mézan Théodore armés de fusils, ainsi que des jeunes gens pour servir de traqueurs se dirigent vers le bois. C'est J.de Broé, maire qui parle:

 

Je n'ai pas de peine à reconnaître les traces de l'animal empreintes sur la neige; elles m'indiquèrent les dispositions que j'avais à faire ;  elles étaient sur le point d'être terminées lorsque l'animal fit tout à coup une pointe et s'échappât dans la plaine en se dirigeant vers la forêt de Hez. (7 kilomètres de plaine s'étendaient alors devant l'animal avant d'atteindre cette forêt). Je fus contrarié à l'excès de ce contretemps qui paraissait détruire toutes mes espérances.

 

J'ordonnai sur le champ à Quesvin Augustin, jardinier de madame veuve de Broé et à Mézan Théodore, individus vigoureux et alertes de tâcher de couper le chemin à l'animal et de le forcer en courant tant qu'ils pourraient, à le rejeter dans le bois dit de Choquereau. Ils réussirent parfaitement dans l'exécution de cette manœuvre. J'en vis le succès et mes espérances se ranimèrent.

 

Je me transportai promptement au bois de Choquereau ayant constamment suivi la piste de l'animal. Je reconnus son entrée dans le bois. Je fis de suite faire le tour du bois pour m'assurer qu'il n'existait pas de sortie. D'après  le rapport que l'on me fit, aucune n'avait été remarquée. Je déterminai mon enceinte et je  fis placer tout mon monde. Au signal donné, les traqueurs se mirent  en mouvement;  l'animal fut levé et en peu de temps vint à passer à Roussel JB qui, d'une balle lui a traversé le cou de part en part et lui en a fracassé des vertèbres; placé près du lieu de la scène, j'y courus de suite et j'y vis étendue une belle louve de forte race  de l'âge de 18 à 20 mois. Il était midi moins un quart.”

 

Le 23 janvier 1815 le lendemain, la tête de la louve a été présentée à Monsieur le sous-préfet par Roussel Jean-Baptiste.

 

Recueilli en décembre 1938 par Paul-Roger instituteur à Saint-rimault

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