Démographie

Commençons cette partie par quelques chiffres : il est intéressant de voir l'évolution quantitative de la commune depuis le début du XVIII ème siècle.

D'après R.Lemaire : Paroisses et communes de l'Oise.

Une étude détaillée de ces quelques chiffres nous montre bien que notre commune n'a pas échappé aux malheurs du temps, exemple les épidémies encore présentes au XVIII ème siècle que Louis Graves appelle "la suette" et "fièvre pourpre" (la rougeole vraisemblablement), fièvre muqueuse, suette miliaire, choléra (en 1832). Cette fameuse suette emporta 30 personnes de Saint-Rimault en 1829. Louis Graves attribue parfois certaines de ces fièvres à la présence des mares. D'après ce même auteur la vaccine (vaccination), apparue dans le canton en 1806 grâce à M.Despeauls médecin fort connu à l’époque, a permis de limiter considérablement la mortalité. Le phénomène de l'exode rural commence à  se produire dès 1831-1836 où la commune était alors quantitativement à son apogée. Dès cette époque les villes avoisinantes et les premières industries locales attirent les habitants des communes rurales.

 

Observons aussi les pertes dues aux guerres, celle de 1870 ou celle de 1914, sans compter les pertes de la seconde guerre mondiale. Le monument aux morts près de l’Église et les noms des enfants de la commune qui ont versé leur sang pour la France, nous rappelle ces vers de Victor Hugo : "Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie, ont droit qu'à leur tombeau la foule vienne et prie".

 

Une étude plus précise pour 1831 , fait apparaître les chiffres suivants : Total de la population de la commune  613 dont 128 garçons, 127 filles, 154 hommes mariés, 149 femmes mariées, 17 veufs, 29 veuves, 9  adultes aux armées.

Enfin pour la période 1822 à 1833 on compte 131 nais­sances, 88 mariages et 138 décès.

Ces différents chiffres font apparaître un taux de natalité et mortalité supérieur à celui de 1986.

 

 

L'habitat

 

Dans le 1er tiers du XIX ème siècle, on note dans notre commune une assez grande quantité de maisons bâties en pierres tendres (venant des carrières avoisinantes de Coiseaux et du Plessier sur Bulles), moellons et briques, mais la plupart des habitations sont en torchis avec encadrement de bois qu'on nomme potelure, le toit est disposé en dos d'âne élevé, le matériaux de couverture le plus répandu à  cette époque est le chaume.

 

Un inventaire détaillé fait apparaître pour 1831 sur un total de 174 maisons, 132 couvertes de chaume, 12 en tuiles, 29 en tuiles et chaume, et 1  seule couverture en ardoise. L'ardoise était un matériaux riche puisque provenant de la région d'Angers ou de plus loin encore.

 

Le chaume produit par les habitants de la commune (seigle) sera petit à petit remplacé par la panne ou "panne flamande" encore visible en 1986 sur quelques trop rares habitations ou bâtiments agricoles. Le chaume était jugé trop dangereux puisqu'à l'origine de nombreux incendies. L'observation des maisons anciennes, par la forte pente du toit et la forme des charpentes, prouve encore que la plupart de nos anciennes maisons étaient des chaumières (cf Maisons Paysannes de France, section Oise ou étude de F. Calame sur les charpentes en pays d'Oise).

 

De nombreux témoignages de notre patrimoine bâti tendent aujourd'hui à  disparaître à cause d'un souci de "modernité", d'un désir de "vouloir faire propre", "moderne", ainsi qu'un certain  goût banlieusard des résidences secondaires toutes calquées sur le même modèle correspondant au goût d'une mode, poutre apparente etc… Nos ancêtres savaient pourtant construire des bâtisses qui étaient leur outil de travail, mûrement réfléchies, façonnées avec sagesse, correspondant aux besoins exprimés au cours des temps.

 

Le "paysan" a façonné le paysage, crée des villages suivant les nécessités de la mise en valeur du sol, les ressources en eau,  les facilités d'accès, les possibilités de regroupement.

Les maisons sont le reflet exact de la plus ou moins grande richesse économique de notre région et des exploitations. Les constructions rurales ont souvent gardé une allure modeste, on n'y trouve nulle emphase, nulle recherche pour éblouir. (Les paysans savaient rester simples).

En s'en tenant strictement aux besoins vitaux à  couvrir les maisons rurales ont réussi cependant la gageure d’être pratiques, peu onéreuses et belles à la fois. Ces bâtisses ne semblent pas étrangères au milieu qui les abrite par la nature  des matériaux employés,  puisque  dans un souci d’économie, c’était dans l’environnement immédiat du village qu’on les recherchait.

 

La  végétation elle aussi contribuait à intégrer les maisons dans le site. Puissions-nous aujourd'hui nous inspirer de la sagesse de nos ancêtres.

 

NB: Ce texte est extrait de la monographie de Dominique Villeroy "Monographie de la commune d'Essuiles St-Rimault" 1986

 

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