SAINT-RIMAULT

Saint-Rimault est le hameau le plus considérable. On trouve trace du hameau dans divers textes sous divers vocables : Apud Sanctum Rimoldus en 1130 ou Sancti Rimagii en 1170, Sanctus Rimaldu en 1175, Saint-Rimault en 1320. Il tire son nom de la chapelle du lieu située au dessus d'Essuiles dans la plaine occidentale.

C'était une seigneurie assez importante qui appartenait à Jean Dargillière, seigneur de Breuil le vert, l'un des commissaires nommés en 1483 pour la délimitation de l'élection nouvellement érigée à Clermont. Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu lui donna en 1485 la terre de Saint-Rimault qui aurait été confisquée au profit de ce prince sur Olivier le daim, barbier et valet de chambre du Roi.

Elle était au commencement du XVIII ème siècle à M. de Gaudechart de Bachivillers, lieutenant général qui commanda l'un des 2 régiments levés en 1636 par la ville de Beauvais pour empêcher l'invasion de la Picardie. Elle était encore possédée en 1669 par l'un de ses fils qu'on nommait Marquis de Bachivillers, elle passa ensuite à son fils aîné qu'on appela comte d'Essuiles. Elle vint en 1727 à la comtesse de Runnes, sa mère.

En 1777 cette terre fut vendue par autorité de justice. A Mr  de Broé ancien premier commis des finances dont les héritiers en sont toujours propriétaires.

Le château de Saint-Rimault est une belle construction typique de la région, chaînages briques ou pierres. On retrouve "ce mariage" briques et pierres dans beaucoup de constructions du Clermontois. L'ancien château de Saint-Rimault construit vers le XIV ème siècle a été en partie démoli et remplacé par une maison d'habitation. A coté du château existe une chapelle sous le vocable de Saint Jacques.

La ferme de la Tour est un écart à l'ouest de Saint-­Rimault sur la route de Beauvais Saint-Just, c'était un fief distinct qui, dans les temps reculés, avait sa chapelle et son château.

Le nom "La Tour" vient de l'ancien français tur, au XIIème siècle tor, du latin turris; ce mot pouvait désigner l'habitation complète ou seulement une partie de for­tification;  la tour symbolisait l'autorité seigneuriale, on trouve trace de ce fief dans des textes de 1549 puis 1683.

ESSUILES

L'origine du nom Essuiles reste encore obscure. Exulium en 1030, Essuiles en 1153, Essulio en 1186, Exuliis en 1211, Exula vers 1240, Esvilla ou Exula puis Essuiles ou Essuilles. Sous l'Ancien régime Essuiles dépendait du comté de Beauvais. Le patronage de la cure fut donné au chapitre de Beauvais (de l'Eglise Cathédrale de Beauvais) par Druon évêque de Beauvais au XIème siècle.  A Essuiles, on enterrait dans les temps anciens les habi­tants de Reuil sur Brèche, le chemin qui conduit d'un village à  l'autre s'appelle le chemin des morts.

L'Eglise d'Essuiles était placée sous l'invocation de Saint-Martin. C'est un bâtiment allongé bâti en moellons et silex dont la nef, sous voûte, éclairée par de petites fenêtres élevées, étroites, arrondies, simples, est de beaucoup la partie la plus ancienne. Le chœur a cinq grandes fenêtres de style ogival flamboyant et quelques restes de vitraux. Il est lambrissé et décoré de boiseries peintes. Le clocher est central, en charpente recouverte d’ardoises. Des fouilles archéologiques assez anciennes ont pu établir que le village d' Essuiles possède des tuiles romaines, on en trouve surtout près de l'église. [D'après le célèbre Dr Leblond, le retable d'Essuiles serait l'oeuvre de l'école beauvaisienne des Le Pot, Le Prince, Le Sueur, Caurras ou Lheureux.]

 

On conserve scellé dans le mur du choeur un étendard qui fut pris autrefois dans un combat naval par un gentilhomme de cette paroisse. Il ne reste plus que le bâton qui parait fabriqué au XVIeme siècle. La tradition locale donne une autre origine à cet étendard, elle prétend qu'une querelle survenue entre le Seigneur d'Essuiles et celui de Saint-Rimault fit naître un duel qui eut lieu dans le cimetière de la paroisse. Le Seigneur de St-Rimault fut tué sur place et le vainqueur ayant ramassé sa lance la fit placer dans l'église comme trophée de sa victoire. Il y eut jadis un pèlerinage assez fréquenté sous l’invocation de Sainte Brigitte dans l'église d’Essuiles.

NB: Ce texte est extrait de la monographie de Dominique Villeroy "Monographie de la commune d'Essuiles St-Rimault" 1986

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