L'agriculture

L'essentiel de l'activité depuis l’antiquité jusqu'à une époque très proche était bien sûr l'agriculture. Les paysages agraires, les techniques, le matériel ont bien entendu fortement changé. Mais plutôt que d’analyser ces changements laissons parler Louis Graves en cette première moitié du XIX ème  siècle : "L'assolement triennal s'est assez fortement maintenu, la charrue à  oreilles mobiles et avant train attelé de 2 chevaux est d'un usage général. Le fumier (seul engrais à  l'époque) est en proportion moyenne de 20 voitures à l'hectare. On pratique aussi sur Essuiles, la technique du marnage, de la colombine et de la poulée. En règle général on sème le seigle du 25 septembre au 10 octobre et le blé. Immédiatement après, ainsi que le méteil et les fourrages d’hiver, l'avoine est semée dans le courant de Mars et début Avril. L'orge et les fourrages artificiels sont ensemencés fin avril. Le seigle fleurit ordinairement du 25 Mai au 1er Juin l'avoine du 25 Juin au 10 Juillet.

Le salaire des moissonneurs payé en grains est de 5 hectol pour 3 hectares de blé. On avait l'habitude de donner du seigle au lieu de blé pour les coupes de grains de Mars. Le glanage est réservé aux indigents et aux enfants. Les grains sont battus au fléau, nettoyé au moyen d’un tarare et d'un crible à la main. Les menus grains sont la vesce d'hiver, le pois , la fèverolle, le sarrazin surnommé bucaille.

 

L'introduction de la pomme de terre date des années 1790. Quant au lin, il a à peu près disparu (nous sommes vers 1835). La vigne encore bien présente sur les pentes des coteaux crayeux donne des raisins typiques comme le "gros rouge", le"blanc meunier" ou le "franc noir".

 

Les principaux arbres fruitiers rencontrés sur cette commune sont le pommier ou "arbre à cidre" souvent plan­té en quinconce. Les races les plus ordinaires sont le Raquet, le Bondy, la Reinette dore et grise, le Verdin d'hiver, le Fenouillet, le franc joli. Les poiriers sont moins nombreux que les pommiers. La production est très variable mais notre commune est réputée fournir plus de boissons que nécessaire à la population.

 

Beaucoup de ces espèces ont disparu pour toujours. Pourtant en 1986, on peut encore voir sur la place de Montreuil sur Brèche, une fois l'an, un bouilleur de cru. Pour combien de temps encore ?

 

NB: Ce texte est extrait de la monographie de Dominique Villeroy "Monographie de la commune d'Essuiles St-Rimault" 1986

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