L'industrie

Avec le XIX ème siècle, le machinisme fait son apparition et va transformer le monde industriel.

 

Pourtant dès le début du XVIII ème siècle, par le commerce du lin et son travail, notre commune comme toutes celles avoisinantes (Bulles, le Plessier) se transforme. Il est intéressant à ce sujet de se référer à l'ouvrage fondamental qu'est la thèse du professeur Goubert sur le Beauvaisis.

La mulquinerie ou tissage des toiles de lin fine, toiles "demi-hollande" ou encore toiles de Bulles occupait dejà fin XVIIIème  début XIX ème siècle une grande partie de la population de notre commune, comme beaucoup de celle des communes proches de la vallée de la Brèche. L'inondation des linières durant le cours du XVIII ème siècle, l'augmentation du nombre des tisserands, l'évolution du marché ont expliqué sa disparition.

 

Pourtant aujourd'hui encore on peut trouver dans quelques maisons de la commune qui ont survécu à cette époque, de magnifiques caves creusées dans la craie que l’on nomme cave à lait ou cave à lin. C’est là en effet que la paysanne venait travailler à la lumière de sa chandelle. On peut même trouver parfois dans ces caves l’emplacement de la bougie (la niche) ou même le recoin que formait creusée dans la craie l’extrémité du métier. Les toiles de lin étaient fabriquées sur ces métiers dans des caves humides pratiquées sous les maisons, de manière à  ce que les fenêtres soient au niveau de la rue. Ces caves étroites, mal aérées, contenaient ordinairement un seul quelquefois deux métiers. Le travail de la toile était fort insalubre. Les ouvriers recevaient vers 1835  de 18  à 24 francs par pièce selon le degré de finesse, soit environ 0,75 à 1  franc par jour. Les jeunes filles 25  centimes seulement.

 

La Brèche alimenta longtemps les moulins tel celui de Coiseaux (aujourd'hui disparu) ancien moulin à huile au XVI ème siècle, ou celui de Becquerel et d'Hatton destinés à la mouture des grains. Certains auteurs du XIX ème  siècle attestent encore la présence de trois pressoirs à  roue pour la confection du cidre.

 

Au siècle dernier, nous trouvons encore comme activité industrielle les carrières dont nous avons parlé précédemment. L'exode rural a fait disparaître presque toutes les activités. Quelques  métiers aujourd'hui disparus subsistent encore au milieu du XIX ème siècle chaufourrier, caroveur, fendeurs de lattes, galochiers, maréchaux ferrant, mulouiniers, scieurs de long, tonneliers.

La forge vers 1900. (collection J. Piet) Construction picarde à pans de bois et torchis.

A côté d’une belle grange briques et pierres avec pignon dit « à couteau picard ».

 

Les constructions dites secondaires, puits, pigeonniers, rappellent par leurs structures et les matériaux utilisés dans nos maisons paysannes. Les dernières traces de ce passé sont encore visibles pour ceux qui veulent les découvrir.

Gardons-nous de détruire, d'estomper ou d'effacer ces dernières images.

 

NB: Ce texte est extrait de la monographie de Dominique Villeroy "Monographie de la commune d'Essuiles St-Rimault" 1986

 

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